Ornements métalliques dans les costumes alsaciens

Conférence du samedi 23 mars 2019 à 10h45

Cette conférence se déroule en deux parties, présentées respectivement par Olivia Eller et Anne Wolf

Olivia Eller : le fer et l’or : la coiffe à becs, son décor et des fils d’or

L’intervention se limitera à une pièce de vêtement, les petites coiffes rigides dites les Schnepper (fig.1) ou coiffes à 3 becs. Leur structureétant en fer, et le décorsouvent en fil d’or ou métal doré, elles trouvent leur place dans ce colloque. Ces coiffes, typiques de la Rhénanie, étaient portées surtout, mais pas exclusivement, par les élites alsaciennes et la bourgeoisie.

Un petit descriptif technique du décor et de ces fils métalliques (fig. 2) suivra. Il faut se rappeler qu’à la 2emoitié du 18esiècle, les accessoires en matières précieuses et les robes somptueuses « à la française », dont des motifs pouvaient comprendre de l’or tissé, étaient réservées aux rangs sociaux élevés, dictés par les réglementations régissant le costume. Le port de ces coiffes a pris fin de façon dramatique à la Révolution française.

Anne Wolf : Métal et textile dans l’habillement du XVIIIe siècle en Alsace : un rapport intime

Ces fils d’or dont a parlé Olivia se retrouvent dans d’autres pièces de vêtement, notamment dans les bonnets de coiffe, et sont plus ou moins intimement mêlés au textile :

  • dans le tissage même : tissus lamés ou brochés (laméset filés),
  • dans les broderies métalliques d’application (bonnets de coiffe brodés),
  • dans les dentelles métalliques cousues le long du bord des bonnets (dentelle métallique),
  • armature pour dentelles blanches bordant les bonnets, plus développées dans la région de Colmar et en Alsace centrale (coiffe de Colmar).

Pièces de vêtement qui n’étaient pas lavées, ce qui autorisait la présence de métal. Sauf pour les dentelles blanches : amidonnage, tuyautage et montage à refaire à chaque nettoyage.

Au xviiiesiècle, ces coiffes sont portées par des femmes de notables ou d’artisans aisés.

Icono :sélectionner parmi Catherine Larger, aubergiste de Wasselonne, femme d’Issenheim, famille Sorg…

Puis glissement progressif vers les catégories sociales plus rurales et / ou plus modestes = ces coiffes constitueront la base des costumes « traditionnels » paysans qui se développeront au xixesiècle. Métal toujours présent dans les bonnets de coiffe, ainsi que sur les plastrons et dans les tissus utilisés pour les corselets.

L’usage du métal perdurera jusqu’au xxesiècle ; il s’est éteint avec la dernière génération de femmes ayant porté un costume « traditionnel », à la fin du xxesiècle.

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